Des développeurs accusent Claude Code, l’agent de programmation d’Anthropic, d’avoir envoyé leur adresse email à des sites web pendant des recherches. L’un d’eux affirme recevoir des dizaines de messages frauduleux par jour. Cette accusation figure dans un ticket GitHub ouvert le 5 novembre 2026 et concerne notamment la version 2.1.318 sur macOS.
Selon le ticket, l’adresse pouvait être ajoutée au champ « User-Agent » des requêtes web. Ce champ sert à indiquer à un site quel programme le contacte. L’adresse serait lue dans un fichier de configuration local, puis rendue accessible au modèle au début d’une session. Dans certains cas, celui-ci l’aurait recopiée dans une requête envoyée à un site.
Une protection qui ne couvre pas tous les cas
Le problème avait déjà été signalé en juillet, puis en octobre. Le ticket #81138 décrit le même mécanisme : Claude Code récupère l’adresse du compte dans un fichier local et la transmet au modèle. Le risque apparaît notamment lorsqu’un site demande aux programmes automatisés de fournir un contact, comme peut le faire Wikipédia.
Anthropic n’a pas directement reconnu le problème dans les éléments rapportés par Numerama. Un contributeur du dépôt GitHub indique toutefois qu’une protection intégrée et activée par défaut bloque l’ajout de l’adresse au User-Agent depuis la version 2.1.317. Cette version précède la 2.1.318 citée dans le nouveau signalement.
Cette protection ne suffirait pas, selon un développeur qui l’a testée avec 23 commandes contenant une fausse adresse. Il affirme qu’elle empêche l’envoi dans le User-Agent, mais que huit autres moyens de transmettre l’adresse restent possibles. Il cite notamment d’autres en-têtes de requête, un identifiant de connexion ou une commande qui recherche l’adresse au moment de s’exécuter. Ces résultats sont ceux de son test, et non une mesure indépendante de toutes les utilisations de Claude Code.
Des signalements répétés depuis l’été
La controverse tient aussi au fait que des signalements similaires existaient plusieurs mois avant le ticket du 5 novembre. Le nouveau cas a été publié avec la version 2.1.318, alors qu’un correctif partiel était déjà disponible dans la 2.1.317. Les informations publiées ne permettent pas de savoir combien d’utilisateurs ont été concernés, ni quels sites ont effectivement reçu des adresses.
Le mécanisme décrit dépend de la façon dont une recherche est effectuée et de la manière dont le modèle utilise l’adresse. Il ne signifie donc pas que chaque recherche web transmet automatiquement l’adresse email. Mais une donnée conservée dans la configuration locale peut, dans certains cas, se retrouver dans une requête destinée à un site tiers.
Pourquoi c'est important
Pour les développeurs qui utilisent Claude Code avec des recherches web, ces signalements montrent qu’une adresse de compte peut être incluse dans une requête destinée à un site tiers, même si une protection contre le cas du User-Agent existe. On ne sait pas combien de personnes ont été touchées ni si les emails frauduleux évoqués ont été causés par ces requêtes.