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Deepfakes sexuels : une étude met en cause les fournisseurs

Une étude portant sur 88 sites montre le rôle de Cloudflare, Google et d’autres prestataires. Ses auteurs recommandent de bloquer certains sites, sous conditions.

OossaPublié par Oossa: 2 min de lecture

Scott Rodgerson · Unsplash

Cloudflare, Google, Namecheap, WordPress et Protonmail fournissaient des services à de nombreux sites diffusant des deepfakes sexuels, selon une étude de Sarah Morgan, Sophie J. Nightingale et Hany Farid. Les chercheurs estiment que les entreprises qui fournissent l’infrastructure d’Internet ont aussi un rôle à jouer dans la lutte contre ces contenus, au-delà des plateformes qui les hébergent.

Leur analyse a suivi pendant un mois et demi 88 sites diffusant des deepfakes de célébrités, repérés par des recherches par mots-clés et des alertes Google. Parmi eux, 38 étaient entièrement consacrés aux deepfakes sexistes ou sexuels. L’étude a été publiée dans le Journal of Online Trust and Safety.

Quels services sont concernés ?

Cloudflare arrivait en tête pour quatre composantes étudiées : hébergement web, réseau de diffusion de contenu, DNS — le service qui relie un nom de domaine à un site — et outils d’analyse. Google dominait pour les certificats SSL, qui sécurisent les connexions, et les espaces publicitaires. Namecheap, WordPress et Protonmail figuraient parmi les principaux fournisseurs de noms de domaine, de systèmes de gestion de contenu et de messagerie.

Ces chiffres ne signifient pas que ces entreprises créent ou approuvent ces contenus. Les auteurs rappellent que Cloudflare et Google sont présents sur de nombreuses couches d’Internet. WordPress est un logiciel libre, que l’entreprise ne peut pas empêcher d’être utilisé pour créer un site. Les données de l’étude portent sur un échantillon de sites, pas sur l’ensemble du Web.

Les chercheurs réclament des blocages ciblés

Les auteurs recommandent aux fournisseurs d’infrastructure de bloquer durablement les sites dont l’activité est principalement ou exclusivement la diffusion de ces deepfakes. Ils précisent qu’une telle mesure devrait viser les acteurs les plus répréhensibles et ne pas être prise à la légère.

Le texte rappelle que des entreprises ont déjà coupé l’accès à des sites comme The Daily Stormer, 8chan et Kiwi Farms. Mais un blocage ne suffit pas toujours : les responsables peuvent tenter de recréer un compte sous une autre identité. Les chercheurs soulignent aussi les difficultés à les poursuivre lorsque leur identité est cachée et qu’ils se trouvent dans des pays différents.

Pourquoi c'est important

Pour les personnes dont les images sont détournées, l’étude montre que plusieurs intermédiaires techniques peuvent contribuer à la diffusion des sites, et pas seulement leurs hébergeurs de contenu. Elle ne précise toutefois pas si ces entreprises vont modifier leurs pratiques ni si un blocage empêcherait les responsables de réapparaître ailleurs.

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