Google a retiré neuf sites français d’information de son flux Discover, dans la nuit du 3 au 4 novembre, rapporte Next.ink. Discover recommande des articles aux internautes, notamment sur les téléphones Android. Cette mesure concerne ce flux de recommandations : elle ne signifie pas que les sites ont disparu des résultats de recherche Google.
Selon le tableau de bord 1492.vision, les neuf sites représentaient environ 2 % des articles proposés par Discover en France. Huit figuraient régulièrement dans son Top 10 des sites d’information générés par IA. Les sites concernés sont Pleine Vie, Modes et Travaux et Marie France, du groupe Reworld Media ; Trucmania et Pause Maison, liés à Ouest-France ; Maison 20 Minutes, Journal des Seniors et Sciencepost, liés à SICESI ; ainsi que Lenergeek, du groupe POOL PRESSE.
Quels motifs Google a-t-il invoqués ?
1492.vision dit avoir obtenu le courriel envoyé par Google à l’un des éditeurs. Le moteur y évoque de « graves problèmes de spam » et une « utilisation abusive de contenus à grande échelle », ainsi que des techniques de dissimulation appelées cloaking. Google demande à l’éditeur de revoir ses contenus en profondeur, puis de solliciter un nouvel examen. Next.ink ne rapporte pas de réponse publique des neuf sites concernés.
La décision intervient après une série de modifications des consignes de Google, effectuées début octobre. Elles indiquent qu’il faut vérifier manuellement l’exactitude et la fiabilité des textes produits par IA. Google rappelle que ces outils peuvent inventer des informations. Ses consignes demandent aussi aux évaluateurs de tenir compte du travail humain et de l’originalité d’un contenu, et qualifient de trompeurs les faux profils d’auteurs créés pour faire croire qu’un texte vient d’un expert.
Le problème dépasse ces neuf sites
D’après 1492.vision, 169 sites d’information générés par IA ont été recommandés par Discover en octobre. Ils représentaient près de 6 % des URL et 7 % des consultations mesurées par le tableau de bord, alors qu’ils constituaient 2,36 % de ses 7 173 sites répertoriés. Ces chiffres ne signifient pas que Google a pénalisé l’ensemble de ces sites.
Next.ink rapporte que Google n’avait pas répondu à ses questions sur la conformité de ces éditeurs avant leur retrait. Le média avait aussi documenté la forte production de certains sites : trois sites d’un même éditeur auraient publié 26 000 articles en un mois, contre 34 000 pour Ouest-France. Les nouvelles consignes et le retrait sont proches dans le temps, mais Google n’a pas établi publiquement de lien entre les deux.
Pourquoi c'est important
Pour les éditeurs concernés, perdre la présence dans Discover peut réduire l’accès à une importante source de trafic, que Next.ink décrit comme la principale pour les sites d’information. Pour les lecteurs, Google dit vouloir privilégier des contenus vérifiés et originaux ; on ne sait pas encore si cette action s’accompagnera d’autres retraits ni comment elle modifiera les recommandations.