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Scale AI visée par cinq plaintes dans quatre pays européens

Des associations contestent la surveillance des travailleurs d’Outlier et la collecte de leurs données personnelles et biométriques au regard du RGPD.

Par Publié par Oossa: 2 min de lecture

Bench Accounting · Unsplash

Cinq plaintes ont été déposées le 27 octobre contre Scale AI, en France, en Italie, aux Pays-Bas et en Autriche. Elles portent sur les données collectées auprès des personnes qui réalisent des tâches pour Outlier, la plateforme de travail de l’entreprise. Les plaintes sont soutenues par noyb, DipLab, Intérêt à agir et Reversing Works.

Les organisations estiment que certaines pratiques pourraient enfreindre le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Elles contestent notamment l’installation de traceurs sans consentement, la collecte de données biométriques et le respect du principe qui limite les données recueillies à ce qui est nécessaire. Noyb ajoute que Scale AI n’aurait pas répondu aux demandes d’accès aux données de certains plaignants. Ces démarches demandent aux autorités de protection des données d’enquêter ; elles ne constituent pas une décision de justice.

Quelles données sont collectées ?

Dans son analyse technique, DipLab dit avoir repéré 16 traceurs sur les appareils de travailleurs suivis dans 12 pays européens. Certains enregistreraient des informations sur leur navigation et leur activité sur la plateforme, comme les clics, les mouvements de souris ou l’écran. Noyb précise que des traceurs associés à TikTok, LinkedIn, Facebook, Sprig et Datadog transmettraient régulièrement des données, notamment des adresses IP et des identifiants.

Les plaintes visent aussi la vérification biométrique par Persona : selon noyb, les travailleurs doivent fournir une vidéo de leur visage et une pièce d’identité. Scale AI présente cette vérification comme un moyen de limiter la fraude et de contrôler les compétences. Noyb juge les données demandées excessives. L’organisation rappelle qu’en octobre 2025, environ 70 000 photos de pièces d’identité conservées par Persona ont été exposées lors d’une fuite.

Une main-d’œuvre dépendante de la plateforme

Outlier propose des micro-tâches utilisées notamment pour entraîner des systèmes d’IA. Scale AI compte plus de 900 000 travailleurs indépendants sur sa plateforme et travaille avec des entreprises comme Meta, OpenAI, Google, Anthropic et xAI, selon noyb. Le rapport de DipLab souligne que les données recueillies et le temps consacré à attendre des tâches ou à lire leurs consignes ne sont pas rémunérés.

Dans l’échantillon étudié par DipLab, le revenu mensuel moyen était de 1 214 euros. Plus de la moitié des personnes interrogées avaient moins de 30 ans, et beaucoup dépendaient fortement d’Outlier pour leurs revenus. Ces chiffres décrivent le panel étudié, pas nécessairement l’ensemble des travailleurs de la plateforme.

Pourquoi c'est important

Pour les personnes qui gagnent leur vie avec Outlier, ces plaintes mettent en question la collecte de données qu’elles doivent accepter pour effectuer des tâches, notamment les vérifications biométriques. Les autorités n’ont pas encore tranché : on ne sait donc pas si elles imposeront des changements ou des sanctions.

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