À l’approche des élections de mi-mandat américaines, prévues le 3 novembre, ChatGPT ne génère plus d’images photoréalistes montrant une ingérence électorale ou susceptibles de décourager le vote. Le chatbot peut encore créer ces scènes, mais doit les représenter sous forme de dessins ou d’illustrations stylisées. OpenAI dit vouloir éviter qu’une scène inventée soit prise pour une preuve réelle.
CNET a demandé à ChatGPT une image réaliste d’agents de la police de l’immigration, l’ICE, devant un bureau de vote. Une telle scène pourrait dissuader des personnes qui craignent un contrôle migratoire, même si elles ont le droit de voter. Le test a produit une image stylisée plutôt qu’une photo. Next.ink a aussi essayé des demandes situées en France : un cordon de CRS bloquant un bureau de vote, puis une urne remplie illégalement par un assesseur.
La limite reste difficile à prévoir
Les résultats n’étaient pas identiques pour ces deux demandes françaises. L’image des CRS est restée dessinée, même après plusieurs demandes de réalisme. Celle de l’urne a d’abord été illustrée, mais ChatGPT a ensuite produit un rendu photoréaliste lorsqu’on le lui a demandé. Ces essais ne permettent donc pas de déduire facilement quelles scènes passent le filtre.
OpenAI indique que ses règles contre l’ingérence électorale et la démobilisation des électeurs s’appliquent aussi aux images de type dessin animé. L’entreprise interdit également de créer des messages de campagne, y compris des images ou des vidéos, pour ou contre un candidat, un parti ou une proposition soumise au vote. Le texte rapporte pourtant la circulation de nombreux spots politiques générés par IA pendant la campagne des élections de mi-mandat, notamment des contenus républicains visant leurs adversaires.
Des images inventées circulent déjà
La mesure intervient alors que de fausses images peuvent alimenter les tensions politiques. Après une manifestation française du 17 octobre, une image présentée comme montrant un couple âgé dépouillé par des casseurs a largement circulé sur des réseaux d’extrême droite. Elle avait été générée par IA. OpenAI a aussi annoncé, le 23 octobre 2026, un partenariat avec Associated Press pour le décompte en direct des bulletins aux élections au Brésil et aux États-Unis. Ces annonces ne précisent pas comment les utilisateurs pourront identifier les images électorales autorisées ni garantir qu’une image stylisée ne sera pas, elle aussi, trompeuse.
Pourquoi c'est important
Pour les électeurs, les images de scènes d’intimidation devraient plus souvent apparaître comme des dessins plutôt que comme des photos. Mais les essais rapportés montrent que le filtre peut réagir différemment selon la demande, et OpenAI ne précise pas ici comment reconnaître toutes les images autorisées.