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Data centers européens : des risques pour les travailleurs immigrés

Une enquête dans neuf pays européens signale des accidents graves et des conditions de travail difficiles sur des chantiers de centres de données.

Par Publié par Oossa: 2 min de lecture

Albert Stoynov · Unsplash

Les chantiers de centres de données en Europe sont associés à des accidents mortels, des blessures graves et des atteintes aux droits des travailleurs. Une enquête de cinq mois menée par Investigate Europe avec des médias partenaires dans neuf pays, dont Le Monde, fait état de trois accidents mortels et de nombreux cas d’électrocution, de brûlures et d’autres blessures.

D’après l’enquête, les pratiques dangereuses se sont multipliées au cours des deux dernières années. Le recours à des sous-traitants, qui embauchent notamment des travailleurs étrangers comme des Roumains, contribue aux problèmes relevés. Le Monde résume que des entreprises de construction, principalement irlandaises, importent sur les chantiers européens des pratiques venues des États-Unis, parfois antisyndicales et en conflit avec les règles locales du travail.

Des syndicats qui peinent à intervenir

James McCabe, représentant régional du syndicat Unite the Union, décrit des difficultés similaires sur plusieurs sites. Il cite le manque d’accès effectif des syndicats, les obstacles à l’obtention d’informations et des préoccupations concernant les infractions au droit du travail et l’exploitation des salariés. Unite the Union regroupe plus de 1,2 million de personnes au Royaume-Uni et en Irlande.

L’enquête relève aussi des heures supplémentaires imposées, qui peuvent conduire à des erreurs, ainsi que des travailleurs non déclarés. Ceux-ci ne bénéficient alors pas de la protection sociale à laquelle ils ont droit. Les consignes étant parfois données en anglais, elles sont aussi mal transmises ou mal comprises. Ces constats concernent les chantiers étudiés ; l’enquête ne fournit pas ici de chiffres permettant de mesurer leur fréquence dans l’ensemble du secteur.

Un logement insalubre sur un chantier suédois

L’enquête rapporte le cas d’un ouvrier roumain employé sur un chantier de centre de données de Microsoft en Suède. Après plusieurs passages à l’hôpital, il a reçu un diagnostic de tuberculose active. Il vivait dans un module partagé avec 13 autres hommes : une seule salle de bains pour 14, pas de chauffage et une ventilation en panne. Un trou condamné par des planches laissait des rats entrer depuis des mois.

Ce cas documente une situation précise, mais ne suffit pas à établir une épidémie de tuberculose. L’enquête met en lumière les conditions de travail et d’hébergement qui peuvent accompagner la construction de ces infrastructures. Elle porte sur les chantiers et leurs travailleurs, sans détailler les effets de ces pratiques sur le fonctionnement des centres de données ou sur leur propriété.

Pourquoi c'est important

Pour les travailleurs étrangers recrutés sur ces chantiers, le recours à la sous-traitance peut compliquer l’accès aux syndicats et à la protection sociale, selon l’enquête. Les faits rapportés montrent des risques concrets pour leur sécurité et leur santé ; ils ne permettent pas de savoir à quelle fréquence ces conditions existent sur l’ensemble des chantiers européens.

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