Oossa

Deepfakes sexuels : 138 élues européennes repérées

Une étude d’Agora Digitale Transformation trouve des résultats associés à des images sexuelles manipulées pour 138 élues, contre neuf élus.

Par Publié par Oossa: 2 min de lecture

Nico Ruge · Unsplash

Une étude d’Agora Digitale Transformation a repéré des résultats associés à des images sexistes ou sexuelles manipulées pour 138 femmes parlementaires dans l’Union européenne. Neuf hommes parlementaires apparaissent aussi dans les résultats. L’étude porte sur les élus des chambres basses ou des parlements à chambre unique des 27 États membres.

Parmi les noms testés, 7,3 % de ceux des femmes ont produit un résultat positif, contre 0,2 % de ceux des hommes. Le think tank estime que les élues sont 33 fois plus exposées à ce type de manipulation. Les femmes ayant des postes à responsabilité et une forte visibilité publique sont particulièrement concernées.

Ce que l’étude a mesuré

Les chercheurs ont vérifié les noms de 94,4 % des représentants retenus dans leur échantillon, sur 160 sites connus pour héberger des deepfakes pornographiques, des images intimes ou d’autres contenus sexualisés. Ils ont utilisé l’API de Google et classé les résultats en six catégories.

Un résultat positif ne signifie donc pas nécessairement qu’un deepfake pornographique était encore accessible en ligne. Les catégories incluaient aussi des liens vers des outils de génération, des images brutes ou des traces de recherches antérieures. L’étude signale notamment 61 sites qui associent des images officielles d’élus à des liens vers des outils de génération, et 36 qui suggèrent de dénuder des personnes sans fournir d’image initiale.

Des résultats supprimés peuvent rester indexés

L’étude a aussi retrouvé, dans certaines configurations, des résultats de recherche associés à des contenus de CFake après leur suppression. Le site avait été suspendu après une opération des autorités françaises et américaines. Selon le texte, des index liés à des contenus supprimés restaient présents dans l’API Google Custom Search plus d’un mois après leur retrait. Cela ne prouve pas qu’ils étaient accessibles dans les résultats ordinaires de Google.

Agora Digitale Transformation appelle à mieux appliquer les lois existantes et à s’attaquer à la persistance de ces index. Le think tank estime que des liens toujours associés au nom d’une personne peuvent prolonger les risques pour sa réputation et son bien-être, même si le contenu n’est plus accessible.

Pourquoi c'est important

Pour les élues, l’étude montre que leur nom peut être associé à des contenus sexualisés ou à des outils de génération, même si elle ne confirme pas que chaque image est un deepfake accessible. Elle relève aussi que des liens peuvent persister dans un index après la suppression d’un contenu; on ne sait pas, d’après ces éléments, s’ils apparaissent dans les recherches Google ordinaires.

Cet article vous a-t-il été utile ?
Partager

À lire ensuite

Oossa · Newsletter

La semaine de l'IA, expliquée

Chaque lundi : l'essentiel de l'actualité, en langage clair. Gratuit, sans spam.