L’action CoreWeave a chuté de 16 % mercredi 14 octobre 2026, après que le rendement de ses obligations à taux élevé a grimpé vers 15 %. L’obligation à 9,625 % échéant en 2032 affiche désormais un rendement à l’échéance de 14,8 %, et celle à 9,75 % échéant en 2031, d’environ 14,9 %. La hausse des rendements fait baisser le prix des obligations, et les investisseurs réclament désormais une rémunération plus importante en contrepartie du risque lié à l’endettement massif associé à l’IA.
Pourquoi les rendements augmentent
Luis Alvarado, codirecteur de la stratégie mondiale des titres à revenu fixe au Wells Fargo Investment Institute, estime que l’« ère de l’argent facile », qui a duré pendant les neuf premiers mois de l’année, touche à sa fin. Alors que les banques centrales maintiennent leurs taux à un niveau élevé, les prêteurs examinent de plus près le risque supplémentaire que représentent les projets d’IA. L’investisseur spécialisé dans la tech Chamath Palihapitiya a attiré l’attention sur X sur la hausse du rendement de l’obligation CoreWeave, qui a, selon lui, « touché 15 % » avant de clôturer à un nouveau sommet. Elon Musk a répondu par un laconique « aïe », reflétant la nervosité des marchés.
Les répercussions sur l’ensemble de la tech
CoreWeave n’est pas la seule concernée. L’action Oracle a reculé de près de 7 %, et son obligation à 6,25 % échéant en 2032 affiche désormais un rendement de 7,24 %. Nebius a perdu 9 % et Dell a cédé 10 %, les investisseurs réévaluant l’endettement lié à l’IA dans l’ensemble du secteur. Le Nasdaq Composite a baissé de 1,4 % le même jour, signe que l’inquiétude dépasse les grandes valeurs très médiatisées des « Magnificent Seven ».
Pourquoi c'est important
Pour les investisseurs particuliers, la hausse des rendements obligataires indique que le financement pourrait coûter plus cher aux entreprises axées sur l’IA, ce qui pourrait faire baisser le cours de leurs actions. Les entreprises qui dépendent de crédits bon marché pour construire des infrastructures d’IA pourraient avoir plus de difficultés à se financer, ce qui risque de ralentir le lancement de nouveaux services et d’augmenter les coûts pour les utilisateurs finaux.