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Adalat AI déploie la transcription dans les tribunaux indiens

Le logiciel de cette organisation à but non lucratif est utilisé dans plus de 6 000 salles d’audience réparties dans 11 États. Une étude cherche à déterminer s’il peut accélérer le traitement des affaires.

Par Publié par Oossa: 2 min de lecture

Sasun Bughdaryan · Unsplash

Adalat AI utilise un logiciel de reconnaissance vocale et d’autres outils administratifs pour désengorger les tribunaux indiens, freinés par les formalités. Sa technologie équipe plus de 6 000 salles d’audience dans 11 États, rapporte Semafor. Elle sert notamment à consigner les témoignages : au lieu de retranscrire chaque réponse, le juge dicte ce qui doit figurer au dossier, puis les deux parties relisent le texte à l’écran avant la reprise de l’audience.

La transcription vérifiée est ensuite versée au dossier officiel du tribunal. Utkarsh Saxena, cofondateur et directeur général d’Adalat AI, explique que ces outils sont destinés aux tâches administratives, et non aux décisions de justice. L’organisation à but non lucratif conçoit également des logiciels de gestion des affaires et des documents judiciaires.

L’objectif : redonner du temps aux juges

La charge administrative peut être considérable. Le juge du Kerala Suresh Babu a décrit son quotidien dans le rapport annuel d’Adalat AI comme une succession de « rédaction, rédaction, rédaction, toute la journée ». L’organisation se présente comme la « plomberie du système judiciaire » : elle s’attache à réparer les processus administratifs lents plutôt qu’à modifier la façon dont les juges tranchent les affaires.

Les enjeux dépassent la simple commodité. En 2024, près de trois personnes sur quatre dans les prisons indiennes étaient détenues sans avoir été condamnées, dans l’attente du traitement de leur dossier. Ce chiffre illustre le coût humain des retards, mais les informations disponibles ne permettent pas d’établir que les outils d’Adalat AI ont réduit la détention provisoire ou raccourci les procédures.

Des dossiers plus rapides, des affaires aussi ?

Adalat AI affirme que ses études internes ont constaté une forte hausse du nombre de témoins entendus et d’ordonnances rendues dans les tribunaux équipés de ses outils. Il s’agit de résultats avancés par l’organisation elle-même. Une évaluation randomisée menée avec le centre de recherche J-PAL est en cours, et aucun résultat n’a encore été publié. La question essentielle est de savoir si la simplification des formalités permet de conclure les affaires plus rapidement.

Certaines juridictions indiennes exigent désormais le recours à la technologie d’Adalat AI pour enregistrer les témoignages. Une démarche comparable existe à Singapour, où les tribunaux ont lancé des outils de transcription fondés sur l’IA en décembre 2023. Aucun de ces exemples ne permet, à lui seul, de mesurer dans quelle proportion ces systèmes raccourcissent les procédures judiciaires.

Pourquoi c'est important

Pour les juges et les personnes qui fréquentent les tribunaux, la transcription vocale vérifiée pourrait réduire le temps consacré à retranscrire les témoignages à la main. Adalat AI fait état d’une hausse du nombre de témoins entendus et d’ordonnances rendues, mais on ignore encore si cela se traduit par des procédures plus courtes ou une attente moindre avant le procès.

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